Saint-Gall

Qu’est-ce qui amène un concours de circonstances à une évidence ?

Par le plus grand des hasards …

Une histoire de lassitude au niveau professionnel : un moulin à café de magasin si usé qu’il se bloque régulièrement.

L’urgence d’y remédier avant le rush des fêtes de Noël, d’où un voyage à St-Gall (Suisse) où il s’en trouve un d’occasion.

Une recherche de plusieurs mois à trouver un équilibre physique : ma propension à me plaire dans le monde spirituel au point d’en oublier mon corps.

Cette envie d’unifier l’un et l’autre, relativement aboutie grâce à des séances d’hypnose m’ayant amenée à une douce addiction de pratiquer du vélo dans la merveilleuse, mais froide, nature qui m’entoure.

Un point de convergence autour d’une cathédrale magnifique, «trop» belle, celle de St-Gall.

Cet adverbe «trop», trop galvaudé à mauvais escient, rentré dans le langage usuel à la place de tellement.

Ce qui est «tellement bon» engage le ressenti à un délice.

Ce qui est «trop bon» engage la pensée à un surplus inutile.

Je sers volontairement l’adverbe trop pour la cathédrale de St-Gall, au demeurant effectivement très belle.

Dans la suite des incongruités de la rencontre des différents chemins, il y a l’inauguration de Notre Dame de Paris, dans un faste débordant à vomir, les trente-neuf incendies d’églises françaises entre 2023 et 2024, le Pape en chasuble rose en Corse, au pied d’une croix en forme d’ancre.

Ma chute à vélo de lundi soir a été comme une pichenette bienveillante de l’Univers : alors Claudine ?! Tu vas ouvrir les yeux ?!

Ironie du calendrier : le lendemain, l’ophtalmologue m’annonçait que ma vue avait fortement baissé, heureusement sans véritable gravité puisqu’une cataracte, réversible heureusement, en est la cause.

Quel hasard nous a conduit, mon mari et moi, à nous trouver ce dix-sept décembre sur la place devant la cathédrale de St-Gall, devant une jeune femme en robe d’été, pieds nus, qui se flagellait le corps ?

Quel hasard nous a fait tourner autour de la cathédrale pour chercher l’entrée, nous faisant tomber nez-à-nez avec une voiture de police appelée par une vieille dame visiblement très rigide ?

Quel hasard a mis sur mon portable de si belles images de la cathédrale par une amie d’amie qui était à St-Gall deux jours avant, m’intimant l’irrépressible envie d’aller la visiter ?

La barrière de la langue, joli prétexte, m’a empêchée d’intervenir et de prendre la défense de cette jeune femme en pénitence.

Je suis repartie le cœur contrit du regard doux et fataliste de cette femme dont les erreurs du monde ne touchaient plus l’âme, dans un «faites de ma personne ce qu’il vous plaira, moi je suis ailleurs».

Il y a des secondes ainsi qui arrêtent le temps et restent gravées dans notre mémoire pour l’éternité, comme un rendez-vous avec l’indicible impossible à manquer.

Namasté

Claudine

 

 

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