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La Mère

L’amour maternel qui surgit dans le cœur des femmes au moment de la volonté de conception, enfle et grandit pour ne jamais s’arrêter.

Il ne naît pas. Il est déjà là, dans le regard tendre de la petite fille pour son poupon de plastique, quand ses petites mains caressent et touchent une invisible chaleur. Il est là, sur la petite bouche qui donne des baisers à la matière inanimée.

Tout cet amour maternel né de la Lumière inonde la scène de l’enfant et de son poupon où se joue la Lumière du monde.

Ces gestes innés, ces petits bras qui se referment pour une protection divine, se répéteront inlassablement. Tout d’abord autour du nouveau-né, parachuté, étonné, ébloui, déposé dans un geste sacré sur le cœur de la Mère.

Cette rivière qui coulait en elle depuis la nuit des temps devient un torrent, une cascade, un océan de tendresse jamais asséché.

Que ce soit un enfant ou vingt enfants, cette chair arrachée à la chair maternelle ouvre en grand l’éclosion de la genèse.

L’Amour sanctifié, rendu visible, palpable, évident.

Cet Amour, ma Fille, enchantait mon cœur de Mère quand tendrement, tu appuyais ta petite joue rose contre le front de ta poupée avant de la coucher dans son lit de dînette.

Cet Amour, ma Fille, illuminait le Monde quand mille fois tu découvrais pudiquement mais fermement ton sein et accrochais ton petit à l’énergie de vie.

Toujours, tes bras sont un Refuge.

Toujours, ton attention est tournée au don de toi : comment aider l’autre ? le soulever ? l’élever ? le porter au meilleur de lui-même ?

Mère de ton premier à ton dernier souffle.

Cette énergie vibrante, irradiante, a brûlé la nuit où, hissée sur un piédestal, tu accompagnais et dirigeais des petits bouts de choux et leurs mamans pour accomplir une danse harmonieuse de fin de spectacle.

La Mer Rouge s’est ouverte dans mon cœur ébloui, quand tu as sauté à terre et porté de ton regard, de tes mains et de ton sourire irradiant la centaine de cœurs en joie sur scène devant toi, désireux de nous donner le meilleur d’eux-mêmes.

Mon regard allait des tout-petits accrochés à ton exemple, dont le corps mimait le tien dans une maladresse adorable, à toi, vibrante, rayonnante, fendant la foule comme dans ce film où le danseur avance avec dans le regard la certitude que sa partenaire va exécuter le saut parfait.

Je t’ai vue au-delà, au-delà ma Chérie, ma «Mère-de-Tous». J’ai vu ton cœur mis à nu, et oui, là, j’ai vu et j’ai su que l’Amour change le monde.

Brillait à tes côtés, la fierté du Père bienveillant et attentif.

Comme vous êtes beaux et merveilleux mes Enfants.

Namasté      

Claudine  





Namasté

Le 23 mars 2025

Saint-Gall

Qu’est-ce qui amène un concours de circonstances à une évidence ?

Par le plus grand des hasards …

Une histoire de lassitude au niveau professionnel : un moulin à café de magasin si usé qu’il se bloque régulièrement.

L’urgence d’y remédier avant le rush des fêtes de Noël, d’où un voyage à St-Gall (Suisse) où il s’en trouve un d’occasion.

Une recherche de plusieurs mois à trouver un équilibre physique : ma propension à me plaire dans le monde spirituel au point d’en oublier mon corps.

Cette envie d’unifier l’un et l’autre, relativement aboutie grâce à des séances d’hypnose m’ayant amenée à une douce addiction de pratiquer du vélo dans la merveilleuse, mais froide, nature qui m’entoure.

Un point de convergence autour d’une cathédrale magnifique, «trop» belle, celle de St-Gall.

Cet adverbe «trop», trop galvaudé à mauvais escient, rentré dans le langage usuel à la place de tellement.

Ce qui est «tellement bon» engage le ressenti à un délice.

Ce qui est «trop bon» engage la pensée à un surplus inutile.

Je sers volontairement l’adverbe trop pour la cathédrale de St-Gall, au demeurant effectivement très belle.

Dans la suite des incongruités de la rencontre des différents chemins, il y a l’inauguration de Notre Dame de Paris, dans un faste débordant à vomir, les trente-neuf incendies d’églises françaises entre 2023 et 2024, le Pape en chasuble rose en Corse, au pied d’une croix en forme d’ancre.

Ma chute à vélo de lundi soir a été comme une pichenette bienveillante de l’Univers : alors Claudine ?! Tu vas ouvrir les yeux ?!

Ironie du calendrier : le lendemain, l’ophtalmologue m’annonçait que ma vue avait fortement baissé, heureusement sans véritable gravité puisqu’une cataracte, réversible heureusement, en est la cause.

Quel hasard nous a conduit, mon mari et moi, à nous trouver ce dix-sept décembre sur la place devant la cathédrale de St-Gall, devant une jeune femme en robe d’été, pieds nus, qui se flagellait le corps ?

Quel hasard nous a fait tourner autour de la cathédrale pour chercher l’entrée, nous faisant tomber nez-à-nez avec une voiture de police appelée par une vieille dame visiblement très rigide ?

Quel hasard a mis sur mon portable de si belles images de la cathédrale par une amie d’amie qui était à St-Gall deux jours avant, m’intimant l’irrépressible envie d’aller la visiter ?

La barrière de la langue, joli prétexte, m’a empêchée d’intervenir et de prendre la défense de cette jeune femme en pénitence.

Je suis repartie le cœur contrit du regard doux et fataliste de cette femme dont les erreurs du monde ne touchaient plus l’âme, dans un «faites de ma personne ce qu’il vous plaira, moi je suis ailleurs».

Il y a des secondes ainsi qui arrêtent le temps et restent gravées dans notre mémoire pour l’éternité, comme un rendez-vous avec l’indicible impossible à manquer.

Namasté

Claudine